Obtenir plus facilement l’aide des organismes de services aux jeunes

Lorsque les jeunes ont besoin d’aide, les organismes de services aux jeunes, les thérapeutes et les autres fournisseurs de services peuvent créer des obstacles sans le savoir. La direction du comté de Simcoe de l’ACSM voulait éliminer ces obstacles et souhaitait que les organismes locaux soient davantage axés sur les besoins des jeunes. Pour ce faire, elle a mis en œuvre une stratégie de sensibilisation à la santé mentale et de lutte contre les préjugés connexes. Son objectif est de faire en sorte qu’il soit plus facile pour les jeunes de demander de l’aide.

Cette initiative repose sur les expériences vécues par les jeunes quand ils ont demandé de l’aide et les solutions qu’ils ont proposées. Des jeunes qui ont été hébergés dans un refuge, ont fréquenté une école parallèle ou qui ont siégé au comité consultatif de la bibliothèque ont fait part de l’expérience qu’ils ont vécue lorsqu’ils ont demandé de l’aide à un organisme de services aux jeunes, ainsi que des préjugés et de la discrimination dont ils ont fait l’objet. Ils ont également partagé leurs idées sur la façon dont ces organismes peuvent atténuer les préjugés et axer davantage leurs services pour les jeunes.

Deux thèmes importants sont ressortis des expériences vécues par les jeunes. Premièrement, les jeunes souhaitaient qu’on ne les considère pas uniquement en fonction de leur problème. Par exemple, dans une salle d’attente, ils ne voulaient pas être entourés de choses leur rappelant leur problème, mais plutôt de « choses normales » comme des magazines. Deuxièmement, les jeunes souhaitaient établir un lien réel et sincère avec les fournisseurs de services et éprouvaient de la frustration parce que ces fournisseurs leur demandaient constamment de raconter leurs expériences de vie alors que les thérapeutes et les fournisseurs de services refusaient de parler de leur situation personnelle.

Les jeunes ont créé des outils pour aider les organismes et les personnes qui veulent dispenser des services aux jeunes à repérer les obstacles qu’ils créent dans l’exercice de leurs fonctions et qui empêchent de nouer des liens avec les jeunes et de les soutenir. Les jeunes ont créé des masques illustrant les expériences qu’ils ont vécues quand ils ont demandé de l’aide et se sont servis de ces masques ainsi que de leur histoire personnelle pour élaborer une présentation grâce à laquelle ils ont pu se faire entendre par les thérapeutes et les fournisseurs de services. Ils ont également élaboré un questionnaire faisant appel au renversement de rôle. Ce questionnaire comprenait six questions que les jeunes peuvent poser à leur thérapeute et fournisseur de services. Il a pour but d’amener les personnes qui travaillent avec des jeunes à remettre en question ce qu’ils ont appris au sujet des renseignements personnels qu’ils peuvent fournir aux jeunes qui demandent de l’aide.

Ce projet donne lieu à des changements. L’école parallèle a élaboré un cours d’arts donnant droit à des crédits qui permet à un plus grand nombre de jeunes de faire le point sur les préjugés dont ils ont font l’objet et de s’y attaquer. Après avoir pris connaissance des expériences vécues par les jeunes, l’école a modifié la prestation de ses services. Par exemple, elle a modifié son processus de prise en charge afin que les jeunes n’aient pas besoin de répéter constamment leur histoire.